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Le 11 septembre et la mémoire de Pearl Harbor (suite)

Ici un compte-rendu bien mieux écrit que le mien et que je découvre à l’instant : http://www.arhv.lhivic.org/index.php/2009/08/28/1040-parution-de-diplopie-de-clement-cheroux

 

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Le 11 septembre et la mémoire de Pearl Harbor

Je reprends du service, stimulée par la lecture d’un ouvrage de Clément Chéroux, conservateur pour la photographie au centre Georges Pompidou. En voici un rapide compte-rendu, peut-être utile pour un cours sur la puissance du cinéma américain, sur l’uniformisation culturelle, ou sur le terrorisme !

Clément Chéroux, Diplopie. L’image photographique à l’ère des médias globalisés : essai sur le 11 septembre 2001, Le Point du Jour, 2009.

Les actes terroristes ont vocation à être médiatisés : les terroristes utilisent les médias et leur développement mondial pour se faire entendre. Dans le cas particulier du WTC, le choix des tours jumelles n’était pas uniquement symbolique : les terroristes savaient qu’après l’impact du premier avion, les deux tours seraient observées, photographiées et filmées en continu pendant des heures, ce qui permettrait, de façon exceptionnelle, de filmer en direct l’explosion de la seconde tour.

Cl. Chéroux étudie ainsi la médiatisation des attentats à travers les unes de la presse américaine des 11 et 12 septembre 2001. Alors que l’événement a été abondamment photographié (c’est l’attentat qui a sans doute produit le plus d’images), c’est quasiment toujours le même type de photographies qui sont parues dans la presse ces deux jours-là :

·      l’explosion de la seconde tour,

·      le nuage de fumée formé au-dessus de Manhattan.

Les victimes ne sont pas montrées en première page.

Pour expliquer ce fait, plusieurs facteurs interviennent :

·      le facteur moral : les journaux se sont autocensurés, et ont préféré montrer des photographies des tours, sans victimes.

·      le facteur économique : la production de photographies pour la presse est tenue par quelques grandes agences comme Reuters ou Associated Press, dans le cadre de la globalisation de l’information.

Cependant, pour l’auteur, le facteur explicatif est ailleurs : c’est le poids de Pearl Harbor dans les mémoires américaines qui explique le traitement médiatique et photographique de l’événement aux Etats-Unis les deux premiers jours qui ont suivi le drame. En témoignent les titres des unes : « Infamy » fait référence au discours de Roosevelt du 7 décembre 1941. Les photographies des tours en feu rappellent quant à elles celles des navires explosant lors de l’attaque japonaise. L’association faite avec l’attaque de Pearl Harbor explique également le fait que de nombreux journaux interprètent immédiatement les attentats en termes de déclaration de guerre, alors qu’ils auraient pu les présenter avant tout et uniquement comme des gestes criminels.

Convoquer Pearl Harbor semble d’autant plus évident que l’année des attentats, 2001, est aussi celle du soixantième anniversaire de l’attaque japonaise : nombre d’ouvrages, de documentaires paraissent aux Etats-Unis à cette occasion. L’ « engouement mémoriel » touche un très grand public avec la sortie au cinéma de Pearl Harbor, le film de Disney : « Dans les mois qui précédèrent les attentats du 11 septembre 2001, (…) les nuages de Pearl Harbor furent donc massivement présents dans la culture visuelle américaine. ». L’auteur invoque ainsi cet « environnement mémoriel » pour expliquer l’interprétation photographique et journalistique des attentats islamistes. Mais une mémoire « passée par le filtre du divertissement hollywoodien », et qui s’exprime dans la presse à travers les codes du spectaculaire hollywoodien ». Nombre de commentateurs soulignent de fait la ressemblance entre les photographies choisies par la presse et le spectacle hollywoodien (« c’est comme au cinéma »). On assiste donc à une standardisation des images du fait de la puissance du cinéma hollywoodien, même dans la presse. D’ailleurs, Disney possède nombre de chaînes de télévision, et de journaux…

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Sur l’uniformisation de la culture et son industrialisation (programmes de Terminale)

Je découvre la parution de l’ouvrage suivant: Frédéric Martel, Mainstream, Gallimard, 2010 et suis intéressée par tout compte-rendu.

En attendant, voici quelques articles et interviews de l’auteur:

- dans le Magazine littéraire

- dans le JDD

 

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